
ahlàlà, les maths et moi, une longue histoire de haine, de déchirements et d'affrontements...
Tant que j'étais au CP, et qu'on pouvait effectuer tous les calculs (additions et soustractions) en comptant avec les doigts discrétos sous le pupitre, ça allait encore...
C'est au CE1 que les choses se sont corsées... On m'a demandé d'apprendre par coeur les tables de multiplications, et il fallait les réciter devant toute la classe ou encore remplir des petits vides dans les contrôles écrits... Le cauchemar de Meriem! Je détestais apprendre par coeur, surtout ces informations que je considérais comme des plus inutiles vu que je connaissais déjà l'existence des calculettes (eeeeh oui monsieur Humbert, on ne me la fait pas à moi!!)... Le maître n'arrêtait pas de m'enguirlander parce que je ne les apprenais jamais ces maudites tables, mais rien n'y faisais j'étais une vraie petite tête de mule (je n'ai pas tellement changé me direz-vous et c'est vrai)... Un jour, excedée de me faire assaisonner par monsieur Humbert, je pris mon courage à deux mains , je suis allée le voir, je l'ai regardé droit dans les yeux , et du haut de mes 7 ans, je lui ai dit : "écoute maître , tes maths elles vont jamais me servir à rien pas'que moi de toute manière je vais faire un BAC L".
Il a du bien rigoler ... mais bon j'avais au moins le mérite d'être originale, c'est pas tous les jours qu'un moutard de 7 ans vous balance ça a la figure avec le plus grand sérieux du monde!
Le CE2 est arrivé, avec ses lots de multiplications encore et encore, et madame Aignée m'a un jour tiré l'oreille très violemment parce que je n'avais pas réussi à faire un exercice (mais si c'est la bonne méthode je vous assure... d'ailleurs cela ne m'a-t-il pas permis de devenir un génie en maths par la suite?) non mais sans blague ça m'a marquée et je me suis mise à la haïr de toutes mes tripes la madame Aignée là... puis le CM1, avec les divisions (horreur!!), le CM2 avec les puissances... La 6eme avec les équations , la 5eme avec ses "développer, simplifier, factoriser", puis en 3eme sont venues les fonctions (je ne sais toujours pas avec certitude la différence entre une fonction affine et une fonction linéaire... c'est dire!), la seconde avec ses tableaux de signes, la première avec une légère éclaircie vu que je n'avais pas de matrices ni de géométrie dans l'espace (merci la spé sciences-po!), et enfin la terminale avec ses dérivées, ses primitives... (aaargh!!) Mais finalement le jour du baccalauréat je m'en suis tirée mieux que je n'aurais cru (08/20 c'est quand même honorable croyez-le ou non)...
Pour moi les maths ça a toujours été quelque chose d'inabordable et parfois insondable.. Ma mère m'a souvent grondée en disant que si j'étais mauvaise en maths c'était simplement par mauvaise volonté et parce que je bloquais psychologiquement face à cette matière, que je ferais mieux d'être plus aimable avec mes profs de maths et plus coopérative ( car ça me mettrait soit disant dans de meilleures dispositions pour assimiler la matière)... Mais si maman! j'ai essayé je t'assure! j'ai même offert du café au prof qui me faisait des cours particuliers : "vous prendrez quoi dans votre café? sucre? aspartam? arsenic? mort-aux-rats?" ... ahlàlà c'est beau l'amabilité..
Il ne me reste qu'à remercier allah et le destin d'avoir mis sciences-po sur mon chemin et un certain don pour les matières littéraires, parce que maintenant les maths, je peux leur faire un pied-de-nez : :pPpP